21 mai 2006

Volver

Il y a des films qui ne laissent pas indifférent. Volver est un de ces films qui, lorsque l'on sort de la projection, nous pousse à réfléchir sur ce que l'on vient de voir.

vovler

Au delà de la qualité technique indéniable du film, du jeu de lumière incroyable qui se remarque par exemple sur penelope cruz, resplendissante à chaque image, il faut reconnaître qu'Almodovar a réussi à émouvoir, à créer une ambiance très particulière à ce long métrage qui danse très aisément entre le fantastique et la réalité.

Ce qu'il y a de fantastique, c'est avant tout les lieux, comme celui de la maison de la tante paula situé dans un village mystérieux, éloigné de tout où les légendes se suivent et poursuivent les gens qui y habitent. On trouve aussi une part de mystère dans les personnages qui sont tous complexes et qui cachent tous quelque chose d'enfuie au plus profond de leur âme. Là encore, ce qui est marquant c'est la beauté de penelope cruz au milieu de personnages au physique plus commun. Très vite on s'aperçoit que ce contraste rajoute à l'effet mystère du personnage et de l'histoire. On perçoit cette beauté comme quelque chose à la fois d'insaisissable, de mystérieux mais aussi de rassurant et d'angélique. C’est la force de ce film qui nous transpose d’une scène à l’autre d'une situation drôle à une plus tragique puis fantastique et parfois dramatique.

Dans le registre du réalisme, Almodovar a choisi notamment d’accompagner le film d’une critique acerbe de la TV réalité. Il nous démontre que de raconter une histoire à travers la magie d’un film de cinéma est mille fois plus réaliste et beau que de le faire à la TV, car la magie c’est d’y ajouter de l’imaginaire, d’y appliquer tout le panel d’émotions qu’il peut y avoir et pas seulement comme le fait la TV qui ne fait que de réduire les émotions à la pitié, aux pleurs et à la moquerie. C’est paradoxal de dire que la réalité a plus sa place dans l'imaginaire qu'à la TV, mais la vie n’est elle pas une vaste succession de paradoxes dans lesquels on tente tant bien que mal de se situer sans se perdre ?

Ensuite Almodovar nous met directement devant nos propres contradictions, nous simples mortels, qui à la fois fuyons devant nos secrets tout en ayant les plus grandes difficultés à ne pas être intéressés par ceux des autres comme si découvrir les confidences des autres nous permettait de mieux cacher les nôtres.

J'espère vous avoir donné l'envie d'aller voir ce nouveau chef d'oeuvre signé encore une fois Almodovar


Posté par nogood à 21:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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