25 mars 2009

Relancer la consommation - comment agir ?

Beaucoup de spécialistes s'accordent à dire qu'aujourd'hui, un des levier pour lutter contre les effets défavorables de la crise, (voire un élément de relance) est une politique en faveur de la consommation des ménages. Or, nous pouvons le constater le gouvernement actuel a adopté depuis le départ une position fallacieuse dans ce domaine.

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image : Conférence à Sciences Po Paris sur les enjeux de la consommation durable

Tout d'abord, il est nécessaire de dénoncer la loi TEPA qui hors crise économique s'avère socialement injuste et qui dans le contexte actuel est une aberration économiques et sociales. Ainsi, la principale mesure sur l'allègement des charges sociales pour encourager le recours aux heures supplémentaires (1) (qui ne concernent pas toujours ceux qui en ont le plus besoin) vont déservirent à long terme l'emploi, puisque les entreprises préfèreront utiliser les ressources internes au lieu d'embaucher de la main d'œuvre.
L'impôt coûte cher ! Prélever à la source les impôts sur le revenu permettrait à l'Etat de faire de nombreuses économies mais aussi de donner une perspective budgétaire plus précise pour les ménages qui ne seraient plus frappés par les mauvaises surprises liées aux versements des impôts. Dans cette même logique, toutes les aides de l'Etat (chèque transport.....) devraient être versées directement sur la fiche de salaire.

Par ailleurs, relancer la consommation c'est évidemment s'attaquer à tout ce qui grèvent directement le budget des ménages. Les loyers, les transports, la nourriture sont trois domaines sensibles qui ont enregistrés ces derniers temps des hausses importantes des prix. La carence de logement sociaux est la principale cause de l'augmentation des loyers. Il est clair que le gouvernement ne prendra aucune décision en faveur d'une politique de logement volontariste et même la loi Boutin, récemment adoptée ne fait qu'entériner l'immobilisme des pouvoirs publics dans ce domaine.
Il faut relancer la construction de logement sociaux, dans les zones urbaines à haute valeur, il est inconcevable de continuer à parquer les populations les plus fragiles dans les périphéries (école à faible mixité sociale, médecine de proximité moins présente, service sociaux submergés, faible taux d'emploi, utilisation systématiques des transports...). Les communes doivent avoir la possibilité d'acheter aux centres des villes des habitations pour favoriser la mixité (immeubles à logement mixte avec location, propriété...). Les concessions de distribution de l'eau ne doivent plus être confiées aux entreprises privées qui pratiquent des tarifs prohibitifs et "volent" les communes qui délèguent ce qui rapporte (la distribution) et financent elle-même ce qui coûte le plus cher (le retraitement des eaux usées).
Le transport et l'augmentation des carburant durant l'année 2008 a mis en lumière une fracture sociogéographique. Les frais liés aux déplacements pour se rendre sur son lieu de travail concernent principalement des ménages qui souhaitent bénéficier de logement plus spacieux, meilleur marché et dans un environnement plus sain. Cela implique une obligation de s'éloigner des lieux qui concentrent tous les emplois et engendre à la fois un coût financier pour les familles et la collectivité par le biais de subventions et de baisses d'impôt mais aussi un impact sur l'environnement (extension des réseaux routiers, congestions aux abords des villes, nivèlement des taux de pollutions qui s'étendent sur de nouveaux territoires, extension des constructions immobilières au détriment des campagnes.....).
Ainsi les familles se retrouvent tributaires des coûts liés au transport qui échappent totalement à l'Etat. Les autoroutes auparavant "concédées" et aujourd'hui "données" par le gouvernement aux entreprises privées pratiquent des tarifs scandaleux que les contribuables payent directement (aux péages) et indirectement (dans ses impôts payés à un moment par les régions).

Cette politique conduit inéluctablement à un appauvrissement de l'aménagement du territoire qui a condamné les départements à s'occuper des routes sans avoir les moyens de le faire. Les transports en commun comme les réseaux TER sont subventionnés par les régions mais ne nombreuses gares, faute de rentabilité, ferment et isolent de plus en plus de populations.

(1) Liens vers la pétition contre les heures supplémentaires :bandeau_petition3

Liens vers des articles complémentaires :

Marianne du 6 avril 2009

Posté par nogood à 14:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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